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Archive pour la catégorie ‘Forum’
Les établissements médicaux, paramédicaux et de santé dans lesquels nous sommes aussi amenés à intervenir posent la question de la prévention, ainsi de ce qu’il est à présent convenu d’appeler l’éducation à la santé. Nous avons donc réfléchi à cette question, prenant comme point de départ peu contestable le fait que la prévention implique une politique de santé capable de véritablement anticiper les troubles et les pathologies.
Nous faisons l’hypothèse que les actions de prévention restent majoritairement conduites sur un mode thérapeutique et sous l’influence des procédés curatifs. Le plus souvent en effet, on est tenté de sensibiliser à des mesures de prévention comme on prescrit un remède, incitant à des précautions voisines des mesures curatives. Lire la suite
« Cette catégorisation excessive va en contrepartie laisser la gestion des ressources humaines désarmée face à toute situation particulière, atypique ou spécifique qui passe par des solutions originales. La gestion individuelle ressemble ici beaucoup à du traitement de masse, à l’unité. Toute individualité est donc prise en compte au travers d’un filtre et d’un mode de classement, qui interdit l’exception. On constate d’ailleurs que ces approches, très normatives sur le fond, même si elles prônent une grande adaptation sur la forme, sont surtout utilisées avec des populations cadres, comme si c’était à ce niveau qu’il fallait introduire de la conformité psychologique. » Sandra Bellier, Le savoir-être dans l’entreprise, Paris, Vuibert, 2004, p. 45.
« Si l’on pense que l’exécutant moyen est irresponsable et paresseux, on ne peut pas échapper à la nécessité de le commander et de le contrôler de façon étroite. Si l’on croit que sur chaque problème il n’y a qu’une seule vérité et qu’une seule option optimale, il n’est pas possible d’accepter une négociation de bonne foi avec les diverses parties concernées. Dans la mesure où ces raisonnements, que personne n’ose plus soutenir ouvertement, sont des raisonnements instinctifs, réflexes, il faut une grande énergie pour y renoncer. C’est pourquoi la dimension morale, l’appel aux valeurs, prennent une telle importance. »
Michel Crozier, L’entreprise à l’écoute ; Apprendre le management postindustriel, Paris, Seuil, coll. Points Essais, 1994, pp. 118-119.
« On essaie toujours de remédier au plus urgent sans avoir le temps de programmer et de penser. Se donner le temps de la pensée apparaît de nos jours comme un luxe dangereux, qui nous laisse sans défense face à ce qui est perçu comme un environnement économique hostile : celui créé par ceux qui, pour tenter de survivre, nous attaquent, nous volent des marchés, produisent plus et moins cher, provoquent des fermetures d’entreprises, pénètrent nos frontières, etc. Alors, pour s’en sortir, nous devons agir dans l’urgence. »
Miguel Benasayag et Gérard Schmit, Les passions tristes, Paris, La Découverte, 2006, pp. 65-66.
Face à la multitude des méthodes proposées pour une meilleure gestion du stress - sophrologie, relaxation, méditation, PNL, coaching, méthodes cognitivo-comportementaliste - les personnes ou les institutions qui traversent une crise majeure (entendons une période de stress aigüe) ne savent pas toujours vers quelle méthode se tourner.
Chaque technique défendra son efficacité, comme un prêtre sa paroisse. Certains, finalement plus éclectiques qu’ecclésiastiques… proposeront une synthèse de plusieurs méthodes. Le choix de l’usager se fera le plus souvent par connaissance (« un tel m’a dit que c’était très efficace ») ou par élimination suite aux déceptions nées des tentatives précédentes.
Des études scientifiques dans le domaine du stress et de l’anxiété se sont pourtant déjà penchées sur un certain nombre de méthodes afin de rendre un compte objectif de leurs effets. Lire la suite
Au cours de nos activités de conseil en communication, certains managers disent vouloir s’adresser à leurs collaborateurs avec de plus en plus de naturel et de spontanéité. La relation de travail est pourtant une relation stéréotypée dans laquelle les protagonistes doivent parfois renoncer à leur nature afin de satisfaire aux exigences de leur mission. Lorsque par exemple notre boulangère nous sourit, et à moins que cette profession ait pour effet de rendre heureux, il est fort à parier qu’un tel sourire ne soit pas toujours naturel. Cet abord positif est au contraire le gage de son professionnalisme.
Cette formalisation de la communication est la condition de la maîtrise qui caractérise le professionnel, parce qu’une relation spontanée est par définition imprévisible. C’est aussi là une question de politesse et de respect, car rien ne dit que nos humeurs du moment puissent intéresser un interlocuteur qui a tout d’abord besoin de l’expertise d’un professionnel. Lire la suite
Dans les cas les plus urgents, et à la marge de nos activités de conseil aux entreprises, les problèmes que nous sommes conduits à résoudre posent une véritable question de civilisation. Comment un groupe organisé tel que celui de l’entreprise peut-il parfois générer, dans la durée et de façon tout à fait consciente, une telle souffrance humaine ?
Il est vrai que cette question interroge notre civilisation, dont un des principaux éléments de définition est effectivement le bonheur, l’épanouissement et le bien-être de ceux qui l’habitent. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle parvient le plus spontanément à se distinguer de la barbarie. Or, ainsi qu’on pouvait récemment le lire dans Télérama, l’entreprise est maintenant « (…) dominée par une logique financière devenue délirante, où seuls comptent les résultats chiffrés, la fameuse “création de valeur” pour l’actionnaire. Où les cadres sont devenus des “managers” assignés à la réalisation d’objectifs purement quantitatifs, où les employés deviennent des pions interchangeables, essentiellement envisagés en termes de “coûts” et de “charges”» (Michel Abescat, De la “mode du suicide”, Télérama n°3115, 23 sept 2009, p. 11). Lire la suite
Le QE veut ajouter au QI cette part de l’intelligence qui semble un peu échapper à nos instruments d’évaluation, parce que les êtres humains que nous sommes se distinguent par une capacité hautement différenciée que l’on appelle l’intuition ou la sensibilité (dont il ne faut d’ailleurs pas oublier que le QI a aussi l’ambition de prendre en compte). C’est parfois elle que l’on entend désigner lorsqu’on parle d’« intelligence », et qui permet de juger ou de discerner sans faire appel à un quotient proprement « intellectuel ». Lire la suite
Le nombre alarmant de suicides liés au travail a été l’occasion de mettre publiquement en cause certaines méthodes de management. En réalité, la critique est loin de concerner les seuls cas médiatiques. Voilà déjà plusieurs années qu’un médecin du travail attirait notre attention sur le fait que « dans ce monde où la réussite est la principale valeur, les “bonnes manières” peuvent passer pour de la faiblesse et une certaine dose de perversité peut devenir la “norme du métier” » (Dorothée Ramaut, Journal d’un médecin du travail, Paris, Le Cherche Midi, 2006, p. 123). Lire la suite
Sylvie le Guennic, notre partenaire de l’Observatoire du Climat Interne dans l’Entreprise, nous fait partager ses remarques sur la communication et l’art « de mettre de l’huile dans le moteur de l’entreprise ». La com’ Pédagogique permet aussi d’attirer notre attention sur les dangers d’une com’ adhésion qui mise davantage sur sa puissance de suggestion que sur la transparence de l’exposé. L’efficacité de la communication peut effectivement reposer sur une certaine manipulation ou langue de bois, d’où l’urgence de cette réflexion.
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